Interview de Geneviève Biffiger

À l’occasion de la sortie de son livre Le petit dragon à pois rouges, Geneviève Biffiger a répondu à quelques questions.

ÉDITIONS LA LISEUSE : Geneviève, pouvez-vous nous parler de votre livre Le petit dragon à pois rouges ? Comment vous est venue l’idée de cette histoire ?

GENEVIÈVE BIFFIGER : Quand Arthur, l’aîné de mes petits-fils, venait à la maison, il parcourait inlassablement la grande encyclopédie des animaux du monde. Il était particulièrement fasciné par ceux qui étaient étranges et surtout très laids. Un jour, il m’a appelée pour me montrer la photo d’un dragon des Galápagos. Je lui ai répondu distraitement (je finissais de préparer le déjeuner) : « Ah oui ! Je connais ! » Sauf que, quand j’ai pris connaissance des caractéristiques de l’animal qui avait retenu son attention, j’ai réalisé que je le confondais avec le dangereux dragon de Komodo, un autre lézard géant mesurant de plus de trois mètres et vivant en Indonésie. Alors que celui des Galápagos ne mesure qu’un mètre vingt et qu’il est inoffensif.

Cela nous a donné l’occasion de consulter un planisphère et de faire ainsi un voyage virtuel dans le vaste océan Pacifique. Et c’est ainsi que Mouska, le petit dragon des Galápagos, a pris forme dans mon esprit.

ÉDITIONS LA LISEUSE : quel message souhaitez-vous transmettre au jeune lecteur ?

GENEVIÈVE : Au départ, je n’ai pas pensé à transmettre un message. J’avais juste envie de raconter une histoire, peut-être inconsciemment dans un but pédagogique (on ne se refait pas !) car il y avait matière à parler géographie, sciences naturelles, écologie… Et puis, au fil des pages, le petit dragon est sorti de son œuf, a pris forme, a grandi. Il fallait que quelque chose lui arrive pour que mon histoire elle aussi prenne corps et ne se cantonne pas seulement à une leçon qui aurait pu être dispensée à l’école. Et comme je baigne dans un environnement où le handicap est un sujet de conversation fréquent, du fait de la profession de Jean-Paul, mon mari, Mouska s’est trouvé, par la magie de l’écriture, différent des autres petits dragons.

Je sais que la différence, quelle qu’elle soit, n’est pas facile à vivre, ni pour celui qui en est affecté, ni pour les personnes qui l’entourent, famille et camarades. Sur le chemin de leur vie plus ou moins compliquée, il faut qu’ils puissent rencontrer compréhension, patience et amour. Et aussi acceptation des différences dans une société où tout est formaté et normalisé. Et encore la possibilité de pouvoir bénéficier en toute région des compétences de professionnels qui ne baissent pas les bras et sont là pour les aider à vivre le mieux possible ce qu’ils ont à vivre.

ÉDITIONS LA LISEUSE : à partir de quel âge conseilleriez-vous ce livre ?

GENEVIÈVE : À partir du moment où l’enfant maîtrise bien la lecture : je dirais neuf ou dix ans. L’histoire est un peu longue. Il faut donc une capacité d’attention supérieure à trente minutes, que l’enfant la lise ou qu’il l’écoute.

ÉDITIONS LA LISEUSE : pouvez-vous nous parler de l’illustratrice ?

GENEVIÈVE : J’ai rencontré Mélanie en 2011 lors d’un salon du livre où elle animait un atelier « illustrations » et exposait quelques unes de ses aquarelles, lesquelles m’ont d’emblée séduite. Ses dessins ravissants et légers nous emmènent très haut dans son univers féerique et éthéré. Nous avons sympathisé, d’autant plus qu’elle était enseignante comme moi. Je lui ai demandé d’illustrer un recueil de textes poétiques intitulé « Tous les hivers » sorti en 2012. Et depuis, nous continuons à nous suivre mutuellement.

Mélanie était donc comme on dit aujourd’hui « professeur des écoles » à mi-temps, car elle est aussi maman, mais elle aspirait à pouvoir vivre de son art. Son rêve s’est enfin réalisé puisque, pour la première fois, elle n’a pas effectué la rentrée scolaire en septembre 2017. Elle s’est donc lancée dans son entreprise. Je lui souhaite d’aller très haut, elle le mérite. Elle a un vrai talent.

ÉDITIONS LA LISEUSE : Avez-vous d’autres livres en préparation ?

GENEVIÈVE : Bien sûr, même si cette année 2017 ne m’a pas laissé le loisir de m’y consacrer autant que je l’aurais souhaité.

J’ai d’abord sur le feu plusieurs histoires pour les enfants, notamment une histoire dont le héros est un petit garçon, pour faire le pendant à Lilou et la fée minuscule, où l’héroïne est une fillette. Ainsi il n’y aura pas de jaloux.

Je suis également en train de finaliser un recueil de cinq nouvelles. Elles ont en commun un ou des enfants qui, à un moment ou à un autre, viennent chambouler la vie des adultes qui les entourent.

Et enfin, je peaufine un nouveau recueil de textes poétiques pour faire suite à Tous les hivers illustré par Mélanie. Je l’intitulerais peut-être Tous les hivers 2. Il évoquera lui aussi ce qui ne change pas : « Folie humaine en Éden, vents et tempêtes au paradis, ombres qui s’étendent sur les existences… » Ces textes prennent forme en moi lorsque surgit une trop forte émotion, qu’elle soit positive ou négative, et que j’ai besoin de mettre en mots pour la partager.

Merci Geneviève. Nous suivrons de près ces projets.

 

Livres édités aux éditions La liseuse :

Share Button