Interview de Qhammi Edrel

Qhammi EDREL

Bonjour Qhammi, pourriez-vous nous parler du personnage principal de votre roman Piège tout confort ?

Marion, mère de trois enfants, approche de la quarantaine. Elle est, à première vue, un personnage banal, emblématique aussi d’une certaine catégorie sociale : une existence confortable, vouée à la famille, et un mari qui la trompe. Malgré les obstacles, elle choisit de quitter son époux et de reconstruire sa vie. Pour le meilleur et pour le pire. Face aux difficultés (travail, logement, etc), Marion se bat pour trouver des solutions, mais la désescalade qui suit est sans surprise.

Piège tout confort

Toutefois une rencontre va bouleverser cet itinéraire préétabli : Louise.

Avec elle, Marion va poser les premières pierres de son individualité.

Louise, pourtant recèle une part d’ambiguïté. À son contact, Marion est confrontée à des événements étranges. Elle ne se souvient plus de ce qu’elle a fait la veille au soir. Sa voiture est déplacée à plusieurs reprises, pendant la nuit. Son compte en banque est crédité d’une somme inattendue. D’autres événements incompréhensibles se succèdent et achèvent de la troubler. L’amitié des deux femmes se renforce et, le désarroi de Marion étant à son comble, elle trouve du réconfort, dans  une relation qui devient de plus en plus sensuelle.

Marion est-elle un personnage allégorique ? Représente-t-elle les hésitations d’une société tiraillée entre l’injonction de performance, l’exigence d’émancipation individuelle et une rédemption promise dans le retour à l’état de nature ? Je laisse le lecteur répondre à cette question. En tous les cas, l’idée de placer un personnage dans une situation difficile et de suivre ses tentatives de s’en extraire me plaisait bien.

À quel public s’adresse ce roman ?

Évidemment plutôt à un public adulte. Pour autant, la dimension érotique ne constitue pas le sujet essentiel. Si j’ose une comparaison avec un tableau, elle en est plutôt la couleur, voire le motif, mais elle n’en est ni le sujet ni la composition. Pourtant elle concourt à l’effet produit sur l’observateur. J’espère qu’il en sera de même pour le lecteur.

Dans le club libertin, les femmes portent un nom choisi dans la mythologie. Pour quelle raisons ?

Le choix des noms des personnages n’est jamais totalement anodin. Parfois, il se conforme à la mode du moment. Ainsi les noms des personnages de Marion et Louise me semblaient correspondre à des prénoms largement répandus dans ces générations. Pour les pseudonymes du club libertin, je voulais des noms moins courants pour appuyer le caractère ésotérique de cette micro-société. Celui de Perséphone (ia) m’est venu en premier car, dans mes souvenirs, il était associé à Hadès c’est-à-dire à l’enfer. En rafraîchissant mes connaissances, j’ai réalisé – et ça je l’avais oublié – qu’elle partageait son temps entre les enfers et la terre. Il m’était difficile de trouver mieux pour dessiner le personnage par lequel Marion entre dans ce monde mystérieux et effrayant. Artémis (ia) et Atalante (a) sont des déesses incarnant la liberté, la vivacité et la combativité. C’est un choix délibéré. Océania est une pure invention – à moins qu’elle existe mais, pour le coup, je l’ignore ! Dans mon esprit, il devait offrir un contraste avec les autres en évoquant la masse liquide, peu mobile, mais qu’un souffle peut transformer en une énergie démentielle.

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